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  • TDV Industries dans la tourmente

    TDV Industries dans la tourmente

    TDV Industries, spécialiste des tissus techniques pour les vêtements de travail et de protection pour l’industrie, l’énergie, la construction et le militaire, fait face à des difficultés structurelles majeures, aggravées par la conjoncture économique défavorable en Europe et la concurrence asiatique. L’entreprise lavalloise
    envisage une cessation d’activité en 2026 et se donne 4 mois pour trouver des solutions de reprise pour le site et ses emplois.

    Après avoir investi près de 15M€ dans son outil industriel depuis 2015 et réalisé de nombreux efforts pour faire évoluer sa production, améliorer sa compétitivité et ses performances commerciales, TDV Industries demeure structurellement déficitaire. La société, qui réalise un chiffre d’affaires moyen de 30M€ sur ses marchés historiques (tissus en coton-polyester), n’est jamais parvenue à générer un flux d’exploitation positif ces 10 dernières années.

    Sans perspectives d’amélioration et pour cesser d’aggraver les pertes, la direction a engagé des discussions avec les représentants du personnel dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi pour accompagner au mieux ses 120 salariés. L’arrêt de la production étant envisagée début 2026, la direction se donne 4 mois pour rechercher en parallèle des solutions de reprise pour le site et un maximum de ses emplois.

    « Créée en 1867, TDV Industries est une usine historique de Laval, spécialisée dans les tissus techniques et fonctionnels. En plus de la conjoncture défavorable que nous connaissons tous, les difficultés structurelles du site ainsi que son faible niveau de production et les pertes qu’elle enregistre depuis plus de 10 ans ne permettent plus aujourd’hui d’assurer la continuité de la production. Cette situation n’est plus viable et c’est avec le cœur lourd que nous annonçons être contraints d’envisager la cessation d’activité en 2026. Pleinement conscients de la responsabilité sociale qui nous incombe, nous nous engageons à tout faire pour permettre à chacun de nos 120 collaborateurs de retrouver des perspectives d’emploi. Tout sera mis en œuvre pour les accompagner et les protéger au mieux, autour d’un dialogue constructif avec les représentants du personnel, dans l’intérêt de tous. Dans le même temps, nous souhaitons nous donner toutes les chances de réussite au cours des quatre prochains mois pour trouver des solutions de reprise, » assure la Direction.

    Un site industriel de 24 000 m2 surcapacitaire au regard de son activité et de son marché

    Comme tous les acteurs européens sur le marché textile, TDV Industries a été durement impacté ces dernières années par l’augmentation généralisée des coûts de production (matières premières, énergie, transport) et l’essor de la concurrence asiatique sur un marché européen de tissus techniques particulièrement exposé et en pleine mutation.
    Situé en bord de Mayenne, le site de production s’étend sur une superficie de plus de 24 000 m2. En 2024, l’usine a produit moins de 4 millions de mètres de tissus, soit 50% de sa capacité de production.

    Un positionnement historique en décalage avec l’évolution du marché mondial

    Aujourd’hui, 10 clients représentent près de 80% de son chiffre d’affaires. TDV Industries est fortement dépendant d’un portefeuille de clients restreint de confectionneurs français sur des marchés hyper concurrentiels souvent régis par les appels d’offres, par nature cycliques et incertains. L’essor de la concurrence asiatique dans la fabrication des vêtements de travail a par ailleurs renforcé la pression sur les prix.

    D’un point de vue technique, la spécialisation de TDV Industries dans les tissus coton-polyester (à 65% coton) se trouve également en décalage par rapport aux évolutions du marché du vêtement de travail. La demande internationale favorise de plus en plus les tissus constitués de fibres synthétiques mieux adaptés aux lavages intensifs à haute température (75°) notamment pour répondre aux attentes des loueurs de linge.

    De nombreux efforts réalisés pour redresser l’entreprise

    Avec ses équipes, TDV Industries a mis en place de nombreuses actions pour se redresser ces dernières années: redéploiement de l’activité (croissance externe en 2016, masques Covid en 2020-2022); redimensionnement de la production (arrêt en 2019 de l’activité filature trop exposée à la concurrence à bas prix) ; investissements dans la modernisation de l’outil industriel (15M€ sur 10 ans dont 7M€ ces 3 dernières années); tentative de diversification du portefeuille clients et plan d’optimisation des performances (achats, coûts, productivité) entre 2023 et 2024.
    Malgré ces nombreux efforts, l’usine demeure structurellement déficitaire et les prévisions indiquent que les pertes se poursuivront dans les années à venir.

    Une recherche de solutions de reprise pour le site et un maximum de ses emplois

    Devant les pertes projetées et en l’absence de viabilité économique et sociale, TDV Industries se voit contrainte d’envisager une cessation d’activité au premier trimestre 2026.
    Ce projet a été présenté aux représentants du personnel et sera discuté avec eux au cours des prochains mois pour proposer l’accompagnement le plus protecteur possible aux 120 collaborateurs du site dans le cadre d’un Plan de Sauvegarde de l’Emploi.
    En parallèle de ces discussions, l’usine se donne 4 mois pour poursuivre et intensifier la recherche de solutions de reprise. Parce que ce fleuron du textile lavallois ne doit pas disparaître, parce que derrière cette annonce, ce sont surtout des femmes et des hommes, des compétences et des passions qui risquent d’être emportés, nous adressons tout notre soutien et notre solidarité à toutes les équipes, aux familles, et à ceux qui se battent aujourd’hui pour trouver un avenir au site de Laval.
    Puissent les prochains mois permettre de trouver une solution de reprise et de préserver ce magnifique savoir-faire textile.


    À propos de TDV Industries

    Acteur majeur du vêtement de travail et du vêtement de protection en France, TDV Industries est implantée à Laval, en Mayenne. La société dispose d’un site de production d’environ 24 000 m2 et a produit environ 4 millions de mètres de tissu au cours de l’exercice 2024 pour un chiffre d’affaires de 37M€. TDV Industries compte 120 salariés.
    L’offre de TDV Industries s’articule autour d’une large gamme de tissus techniques, chacune adaptée à des usages professionnels précis :
    ▪  Les vêtements de travail adressés aux professionnels du bâtiment, de l’artisanat ou de l’industrie
    ▪  Les vêtements de protection : chaleur, flammes, projections chimiques ou de métal en fusion, décharges électrostatiques…
    ▪  Les vêtements tactiques pour répondre aux secteurs de la défense, de la sécurité et des services publics
    ▪  Gamme de tissus Koncept pour répondre aux exigences du secteur du luxe pour lequel TDV Industries assure des missions de sous-traitance

  • Georges installe à Rouen sa 8ème unité de production

    Georges installe à Rouen sa 8ème unité de production

    Le petit trublion de la blanchisserie n’en finit plus de grandir et poursuit son développement avec l’ouverture officielle de sa 8ème unité de production à Rouen, au cœur d’un territoire stratégique pour son maillage industriel.

    Implantée sur un site de 1 121m2, cette nouvelle unité répond à une ambition forte : accroître les capacités de production tout en renforçant la proximité avec les clients et partenaires de la région nord-ouest. « L’ouverture de cette unité à Rouen marque une étape clé dans notre plan de développement. Elle reflète notre volonté de rester agiles, proches du terrain et toujours plus engagés pour une production responsable », déclare Karine DA SILVA, Fondatrice et Présidente de Georges.

    Ce site représente également un levier d’emploi local, avec la création de 9 emplois directs dès juin 2025. D’ici la fin de l’année Georges ouvrira une nouvelle unité à Lille et observe avec intérêt certains pays frontaliers qui pourraient être intéressés par le modèle de l’entreprise – qui indéniablement a le vent en poupe !


    Georges est une blanchisserie industrielle spécialisée dans le nettoyage, l’entretien, la dépollution/décontamination et la gestion logistique des vêtements de travail et d’image.
    Il propose à ses clients une solution dédiée et globale qui s’appuie sur une logistique sur-mesure, un nettoyage performant et éco-responsable, et une traçabilité optimale grâce à l’application mobile myGeorges.
    > Création : en 2017
    > 8 sites en France : Avignon, Bordeaux, Lyon, Rennes, Nancy, Stain
    et Villebon en région parisienne, Rouen et Lille à la fin de l’année…
    > Effectif : 160 salariés
    > Chiffre d’affaires en 2024 : 10 millions d’euros
    > Vêtements lavés en 2024 : 1 600 000 vêtements
    > Les clients : SNCF, Air France, Dock du pétrole d’Ambès, Renault, JTEKT, Cargill, Eiffage énergie systèmes, Clemessy services, Notre Dame de Paris, Egger, Bouygues Energies & Services, Samat, Sodi, Jarnias…

  • Un accord sur les mesures urgentes pour l’emploi et la formation signé par l’industrie textile

    Un accord sur les mesures urgentes pour l’emploi et la formation signé par l’industrie textile

    Un accord de branche* sur les mesures urgentes en faveur de l’emploi et la formation dans l’industrie textile IDCC 18 est paru parmi les BOCC de cet été.

    La branche de l’industrie textile a été le secteur industriel impacté le plus tôt par les conséquences de la mondialisation, qui se sont traduites par une baisse du nombre d’entreprises et une baisse des effectifs salariés en France. Les partenaires sociaux de la branche se sont historiquement mobilisés pour accompagner les entreprises et les salariés dans les mutations structurelles de la branche, afin de préserver la compétitivité des entreprises ainsi que l’emploi salarié en France, mais également pour mobiliser les leviers nécessaires pour faire face aux difficultés conjoncturelles rencontrées par la branche.
    C’est ainsi notamment que les partenaires sociaux de la branche ont conclu un accord du 24 novembre 2020, et un avenant du 21 novembre 2022 sur l’activité partielle de longue durée, qui s’inscrivent dans un objectif de préservation des compétences et de l’emploi, et de sauvegarde de l’activité des entreprises de l’industrie textile. Or, depuis 2022, les entreprises textiles ont été confrontées à des difficultés d’approvisionnement en matières premières et des problèmes liés à la logistique mondiale qui ont été accentués par la guerre en Ukraine.
    De plus, la hausse exponentielle des prix de l’énergie a frappé durement les industriels du secteur textile. Le prix du gaz naturel a en effet augmenté de 80% en France entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2024 (source Xerfi), alors qu’une partie de la branche (l’ennoblissement) fait partie des secteurs énergo-intensifs. Dans la mesure où le prix de l’électricité est en grande partie associé à celui du gaz, ces augmentations des coûts liés à l’énergie ont été violentes pour les industriels textiles.

    Toujours animées par l’objectif commun de sauvegarder l’ensemble des entreprises de la branche et de préserver l’emploi de leurs salariés, les parties signataires ont décidé, conformément aux dispositions de l’Article L. 6332-1-3 du Code du travail, d’ouvrir la possibilité d’une prise en charge par Opco 2i, pendant une durée de deux ans, des coûts de formation engagés pour faire face à de graves difficultés économiques conjoncturelles.

    Etat des difficultés rencontrées


    L’enquête de conjoncture économique conduite en janvier 2025 auprès de 450 entreprises représentatives de la branche montre qu’une partie des industriels textiles rencontre des difficultés économiques. Outre la tendance baissière du chiffre d’affaires, les industriels de la branche continuent à subir les hausses du prix de l’électricité et du prix du gaz, en conséquence notamment du conflit en Ukraine. Le prix du gaz naturel a en effet augmenté de 80% en France entre le premier semestre 2019 et le premier semestre 2024 (source Xerfi), alors qu’une partie de la branche (l’ennoblissement) fait partie des secteurs énergo-intensifs.
    Enfin, les industriels ont continué à témoigner dans cette enquête des difficultés rencontrées pour recruter et former leurs salariés, notamment en raison de la mise en œuvre de la loi du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel et ses impacts sur la prise en charge des coûts de formation.

    Tension sur l’emploi

    Les entreprises de l’industrie textile continuent néanmoins de recruter, notamment en raison d’une pyramide des âges marquée par une forte présence de seniors dans la branche (39,7% des salariés ont 50 ans et plus – source : DARES), qui devront être remplacés à plus ou moins brève échéance, et nécessitent d’assurer la formation des équipes en place pour assurer la transmission des savoirfaire indispensables au bon fonctionnement des entreprises.

    C’est dans ce contexte de difficultés rencontrées par une partie des entreprises que les parties signataires souhaitent mettre en œuvre un accord de mesures d’urgence pour soutenir l’emploi et la formation professionnelle de la branche de l’industrie textile. Découvrez le contenu de l’accord ci-après.


    * Il a été signé le 4 mars 2025 par l’Union des Industries Textiles UIT ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération des Services – C.F.D.T., Fédération C.F.T.C. – CMTE Chimie, Mines, Textiles, Energie, Fédération Textile-Habillement-Cuir-Blanchisserie – C.G.T. et Fédération de la Chimie FO. Il a pour objet, conformément aux dispositions de l’Article L. 6332-1-3 du Code du travail, d’ouvrir la possibilité d’une prise en charge par Opco 2i, pendant une durée de deux ans, des coûts de formation engagés pour faire face à de graves difficultés économiques conjoncturelles. L’accord est applicable au 1er mai 2025, pour une durée déterminée de 2 ans.