Dans la Drôme, l’ESAT de Saint-Donat-sur-l’Herbasse, géré par AÉSIO Santé, vient de lancer une activité de blanchisserie professionnelle. L’atelier, qui mobilise une douzaine de travailleurs en situation de handicap, assure désormais l’entretien du linge de deux établissements médico-sociaux du territoire.
Un atelier de blanchisserie pour diversifier les activités de l’ESAT
L’ESAT de Saint-Donat-sur-l’Herbasse accueille plus de 70 travailleurs en situation de handicap dans différents ateliers, notamment en plasturgie, conditionnement, menuiserie ou entretien des espaces verts.
Avec la création de cette activité blanchisserie, l’établissement élargit son offre et propose à une partie de ses usagers de nouvelles opportunités d’apprentissage. Douze travailleurs sont désormais mobilisés dans l’atelier pour assurer l’entretien du linge de deux foyers de vie accueillant environ 180 résidents.
Installée dans un local d’environ 200 m² situé à Peyrins, l’atelier est opérationnel depuis le 1er mars 2026. Il constitue à la fois un levier d’insertion pour les travailleurs en situation de handicap et une réponse à des besoins locaux en entretien du linge.la blanchisserie est équipée de matériels professionnels — laveuses, séchoirs, chariots à linge et outils de marquage — permettant d’assurer les différentes étapes du traitement du linge : lavage, séchage, tri et repassage. Les travailleurs sont formés à ces nouvelles tâches et accompagnés par des moniteurs d’atelier et des techniciens spécialisés.
Un projet soutenu par les acteurs publics
La mise en place de cette activité s’inscrit dans le cadre du plan de transformation des ESAT et a bénéficié du soutien de l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que de la Mutualité Française.
Au-delà de l’investissement matériel, l’objectif est double : renforcer les parcours professionnels des travailleurs en situation de handicap et consolider le modèle économique de l’établissement grâce à la diversification de ses activités.
Un rôle croissant des ESAT dans les services de blanchisserie
Cette initiative illustre également la place croissante des structures du travail protégé dans certaines activités de services, dont l’entretien textile. Pour les établissements médico-sociaux, l’organisation de blanchisseries internes ou externalisées peut représenter un débouché professionnel structurant, tout en répondant à des besoins territoriaux spécifiques. Ce nouvel atelier constitue ainsi une étape supplémentaire dans la stratégie d’inclusion portée par AÉSIO Santé, qui vise à développer l’autonomie et l’insertion sociale des personnes accompagnées par le travail
À l’approche de son cinquantième anniversaire, le fabricant espagnol de linge hôtelier Resuinsa affiche une dynamique solide. En 2025, l’entreprise dépasse les 51 millions d’euros de chiffre d’affaires, portée par son marché domestique et par la progression de ses activités à l’international.
Une croissance équilibrée entre Espagne et export
Le marché espagnol demeure le principal moteur de l’activité, représentant 60 % du chiffre d’affaires. Resuinsa y entretient de longue date des relations étroites avec les hôtels indépendants comme avec les grandes chaînes.
À l’international, qui génère désormais 40 % de l’activité, la croissance s’appuie largement sur le continent américain. Les États-Unis et l’Amérique latine concentrent à eux seuls 62 % des exportations, tandis que l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique représentent les 38 % restants.
La France s’impose comme un marché stratégique
En Europe, la France s’affirme comme un territoire de développement prioritaire. En 2025, elle devient le premier marché européen de Resuinsa après l’Espagne, avec une progression annuelle de 17 %.
Certaines zones enregistrent des hausses particulièrement marquées, notamment les Pyrénées-Atlantiques (+70 %), les Hauts-de-Seine (+76 %) et la Savoie (+38 %). Des performances qui confirment l’intérêt d’une stratégie de présence locale auprès des acteurs de l’hôtellerie.
L’expertise de l’hôtellerie espagnole comme levier
Cette dynamique s’appuie sur un savoir-faire construit au contact du marché hôtelier espagnol, considéré comme l’un des plus exigeants et compétitifs au monde.
Au fil des années, l’entreprise y a développé des processus industriels et des capacités de production adaptés aux standards élevés de l’hôtellerie internationale, un atout aujourd’hui mobilisé pour accompagner les projets d’établissements dans de nombreux pays.
Un double anniversaire pour le groupe
La croissance actuelle intervient dans un contexte symbolique pour l’entreprise : Resuinsa célèbre ses 50 ans, tandis que Resuinsa Group fête son centenaire.
Fondé en 1926, ce groupe textile familial est aujourd’hui présent dans plus de 150 pays et structuré autour de plusieurs marques complémentaires couvrant les différents segments du textile hôtelier et décoratif : Resuinsa, Resuinsa Home, Carmela Martí Decoración et Martí Linen.
Une organisation qui illustre la volonté du groupe de continuer à accompagner l’expansion de l’hôtellerie internationale, en développant des solutions textiles adaptées aux attentes des établissements comme à celles de leurs clients.
Alors que la majorité des établissements hôteliers ont supprimé les plastiques à usage unique visibles par le client, un usage persiste en coulisses : les sacs plastiques destinés à protéger couvertures, oreillers, édredons et accessoires textiles en réserve. Resuinsa annonce aujourd’hui une alternative concrète : des housses textiles réutilisables fabriquées à partir de fibres recyclées issues de textiles hôteliers en fin de vie. Pour le fabricant, cette innovation ne constitue pas un simple changement d’emballage. Elle matérialise une évolution structurelle : intégrer la circularité à chaque étape du cycle de vie textile.
La démarche de Resuinsa repose sur un principe clair : les textiles hôteliers usagés deviennent une ressource.
Collectés en fin d’usage, ces produits sont transformés en fibres recyclées, puis réintégrés dans la fabrication de nouvelles housses de protection écoconçues. Ces dernières remplacent les emballages plastiques traditionnels tout en assurant les mêmes fonctions de protection et de stockage. Ainsi, le cycle se referme, de la production textile à l’usage hôtelier, à la fin de vie au recyclage matière et à la nouvelle application textile.
Dans un contexte où la réglementation européenne pousse à la réduction des déchets et à l’augmentation des taux de recyclage, cette approche illustre concrètement la logique d’économie circulaire appliquée au textile professionnel.
Une réponse alignée avec les exigences environnementales actuelles
Lavables, résistantes et réutilisables, ces housses post-consumer s’intègrent aux processus internes des établissements et des prestataires textiles. Elles permettent :
La suppression d’un flux plastique encore présent dans les réserves
La réduction des déchets d’emballage
L’optimisation de la durée de vie des textiles protégés
Une cohérence accrue des politiques RSE
Pour la filière — fabricants, distributeurs, hôteliers et blanchisseurs — l’enjeu dépasse le produit. Il s’agit de repenser la responsabilité collective sur l’ensemble du cycle de vie.
Comme le souligne Félix Martí, directeur général de Resuinsa : « Chaque hôtel décide de l’empreinte qu’il souhaite laisser ; notre mission est de proposer des alternatives qui rendent ce chemin plus responsable. »
Une évolution qui dépasse le discours
Présente dans plus de 150 pays, Resuinsa inscrit cette innovation dans une stratégie plus large : transformer les déchets textiles issus de l’hôtellerie en nouvelles matières premières, et intégrer la circularité dans le quotidien opérationnel des établissements.
La transition écologique du textile hôtelier ne se joue plus uniquement sur la qualité des fibres ou la durabilité des produits. Elle se joue dans la capacité à réduire les flux invisibles, à fermer les boucles matière et à intégrer la circularité dans le quotidien opérationnel.
Moins de plastique. Plus de matière recyclée. Une responsabilité partagée à l’échelle de toute la filière.
Pourquoi la REP textile change la donne
La Responsabilité Élargie du Producteur (REP) impose aux metteurs sur le marché de prendre en charge la fin de vie des produits textiles.
Concrètement, cela signifie :
Financement de la collecte et du tri
Objectifs de réemploi et de recyclage
Incitations à l’écoconception
Traçabilité accrue des flux
Dans ce contexte, les initiatives qui intègrent dès l’amont la valorisation matière des textiles professionnels prennent une dimension stratégique.
Transformer des textiles hôteliers usagés en nouvelles housses réutilisables ne relève plus uniquement d’une démarche RSE volontaire : cela anticipe un modèle où la fin de vie devient une responsabilité économique structurante.
Molinel, spécialiste français du vêtement professionnel, lance Kareline, une nouvelle gamme destinée aux professionnels de santé. Conçue en polyester recyclé, viscose EcoVero™ et stretch, la gamme associe confort, liberté de mouvement et durabilité, pour un usage quotidien en cabinet comme en officine. Elle s’inscrit dans la transformation progressive des collections de la marque pour réduire son impact environnemental.
Une innovation matière
Avec Kareline, Molinel a fait le choix de matières à impact environnemental réduit, sélectionnées pour répondre aux exigences d’un usage professionnel quotidien. La gamme est confectionnée dans un sergé associant :
Polyesterrecyclé, issu de bouteilles plastiques post-consumer d’origine européenne, assurant résistance, tenue et facilité d’entretien
Viscose EcoVero™ Lenzing™, douce et souple, favorisant l’évacuation de l’humidité
Elasthanne qui garantit un stretch optimal et un maintien irréprochable.
La fabrication en zone Euromed permet à Molinel de s’appuyer sur une chaîne d’approvisionnement maîtrisée, cohérente avec sa démarche de responsabilité globale.
ECOVERO par LENZING – Une viscose responsable
Elle est produite selon un procédé optimisé qui permet de réduire jusqu’à 50 % les émissions de CO₂ et la consommation d’eau par rapport à une viscose conventionnelle. La fibre est issue de bois provenant de forêts gérées durablement, certifiées FSC® ou PEFC, et bénéficie d’une traçabilité renforcée tout au long de la chaîne de valeur.
Elle est par ailleurs certifiée par l’Écolabel européen, qui atteste du respect de critères environnementaux stricts sur l’ensemble du cycle de production.
Une conception inspirée du prêt-à-porter
Kareline a été conçue pour les professionnels de santé, avec un travail spécifique sur l’ergonomie inspirée des codes du prêt-à-porter.
Elle associe des lignes actuelles à des matières souples, pour une grande liberté de mouvement. Fonctionnelle, elle est équipée de nombreux accessoires : nombreuses poches, cordon de serrage, portebadge.
Déclinée en modèles homme et femme, avec tuniques et pantalons dissociables, la gamme permet d’équiper des équipes mixtes. Les coloris gris minéral et rose poudré ont été développés spécifiquement pour Kareline.
Chaque lavage de textiles synthétiques peut libérer jusqu’à plusieurs millions de microfibres plastique, une pollution en grande partie invisible mais majeure. Pour y remédier, IFP Energies nouvelles (IFPEN) a développé CleanWash, une technologie qui capte et récupère directement ces microfibres en sortie des installations de lavage textile professionnel.
Testée avec succès dans un pressing du groupe 5àsec à Vénissieux (69), avec l’appui du CTTN-IREN, cette solution a prouvé son efficacité en éliminant plus de 80 % des microfibres plastique. Une avancée concrète, alors que ces microparticules échappent encore largement aux stations d’épuration et contribuent à la pollution des eaux et des sols.
Dans un contexte où 60 % des fibres textiles dans le monde sont des matières plastiques, la captation à la source de ces microfibres libérées lors du lavage représente en effet un enjeu essentiel pour éviter leur relargage dans le milieu aquatique et leur migration dans les boues de stations d’épuration utilisées en épandage agricole.
Le fruit de 4 années de recherche et développement
Adaptée aux pressings et blanchisseries industrielles, la technologie CleanWash utilise un procédé directement inspiré des travaux d’IFPEN sur la séparation huile/eau dans l’industrie.
Développée grâce aux compétences combinées des équipes IFPEN, CleanWash repose sur un système de flottation avancée utilisant des bulles d’air de taille contrôlée, capable de capter les microfibres en suspension et de les concentrer en surface avant de les récupérer dans un compartiment dédié.
Le design innovant de l’équipement optimise la collision entre les microfibres et les bulles améliorant ainsi l’efficacité de séparation tout en restant suffisamment compact pour répondre aux contraintes du secteur.
Lors des 4 semaines de test, la technologie a montré :
Une très bonne opérabilité et un faible volume de rejet
Une rétention de 80% des microfibres de longueur ≥ 50 micromètres.
La possibilité d’accroitre cette performance à des niveaux supérieurs à 95% par l’ajout de bioclarifiants.
« Cette technologie est l’une des premières solutions concrètes pour le marché du lavage professionnel. Elle offre des performances en ligne avec les projets de réglementation, consomme très peu d’électricité et permet une opération robuste sans les problématiques de colmatage rencontrées généralement avec des solutions de type filtration. »
Matthieu DREILLARD, Chef de projet et ingénieur de recherche à IFPEN.
Une industrialisation dépendante de futures réglementations
La démonstration réussie du système CleanWash est une étape clé vers son industrialisation. Cependant, l’absence de réglementation limite aujourd’hui le déploiement de telles solutions. Le projet CleanWash avait anticipé les exigences de la loi AGEC qui avait pour ambition d’imposer par décret l’équipement des lave-linges professionnels avec des dispositifs de captation des microfibres plastique dès le début de l’année 2025. En attendant ces précisions réglementaires, la technologie développée par IFPEN pourra permettre aux acteurs du secteur de prendre une longueur d’avance et de contribuer activement à la préservation de l’environnement.
Découvertes à la fin des années 1940 et plus connues sous le nom de PFAS, parfois qualifiées de « polluants éternels », les substances per- et polyfluoroalkylées regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. De nombreux salariés sont ainsi exposés à ces composés, tout au long de leur cycle de vie, de leur production à leur élimination.
Même si les PFAS sont très médiatisés sur les volets environnemental et sanitaire, l’exposition professionnelle à ces substances est encore méconnue. C’est pourquoi l’Institut national de recherche et sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) vient de publier plusieurs articles présentant les résultats d’une enquête menée auprès d’établissements sur les PFAS, un état des connaissances sur leurs effets sur la santé et les perspectives de recherche en santé au travail.
En milieu professionnel, les salariés sont principalement exposés aux PFAS par inhalation de poussières, de gaz ou de vapeurs et dans une moindre mesure par ingestion. Certaines de ces substances présentent des effets toxiques avérés : immunotoxicité, perturbation endocrinienne, troubles neurodégénératifs, hépatotoxicité, reprotoxicité et effets cancérogènes. On les retrouve dans différents produits industriels et de consommation, et c’est un sujet d’actualité dans les blanchisseries industrielles et chez les fabricants textiles. Leur persistance dans l’environnement et dans l’organisme humain en fait aussi un sujet de préoccupation croissante en santé publique et au travail.
« À ce jour, l’exposition professionnelle aux PFAS est encore très peu documentée, les données existantes concernent les métiers les plus exposés, comme les pompiers, les salariés de la chimie produisant ou utilisant ces substances, de la métallurgie et du textile ainsi que les techniciens de fartage des skis, ou encore les salariés du secteur du recyclage des déchets. »
Myriam Ricaud, responsable du pôle risques chimiques à l’INRS.
Une enquête qui révèle des difficultés de repérage des PFAS en entreprise
Pour pallier ce manque de connaissances et renforcer la protection des travailleurs face à ces substances chimiques, une enquête nationale a été lancée en 2024 par l’INRS auprès d’établissements concernés par la fabrication et l’utilisation de PFAS ou le traitement de déchets en contenant. Elle visait principalement à identifier les secteurs d’activité utilisant les PFAS ; les substances, leurs utilisations et les procédés de fabrication concernés ; les produits de substitution ; le contexte d’exposition ; les démarches d’évaluation du risque, des expositions professionnelles et les mesures de prévention et de protection mises en œuvre.
Près de 900 entreprises ont répondu, dans des secteurs d’activité aussi variés que la fabrication de produits métalliques, l’industrie chimique, la fabrication de machines et équipements, la fabrication de produits en caoutchouc et plastique et la collecte et le traitement des déchets. « Même si les résultats ne sont pas extrapolables à l’ensemble des établissements ciblés, cette étude apporte des données utiles pour identifier où et comment des expositions professionnelles aux PFAS peuvent survenir », souligne Andrea Emili, responsable d’études à l’INRS.
Plus d’une entreprise sur deux se déclare « non concernée » par les PFAS
L’enquête montre que 51 % des répondants se déclarent « non concernés » par les PFAS, 32 % se disent « concernés » et 17 % « ne savent pas ». Cette incertitude s’explique notamment par la difficulté à identifier les PFAS dans les produits utilisés (comme l’absence de mention spécifique « PFAS » dans les fiches de données de sécurité) et par une méconnaissance du sujet, qui s’avère complexe en raison du nombre élevé de substances.
Les résultats du questionnaire montrent que, s’il y a bien une démarche d’évaluation du risque chimique mise en œuvre chez les répondants, dans la majorité des cas (92 %), elle n’est pas spécifique aux PFAS. Parmi les établissements réalisant une évaluation spécifique aux PFAS, environ 83 % déclarent le faire depuis moins de cinq ans. Seules 3 % des entreprises de la filière déchets réalisent des analyses de PFAS et 13 % envisagent de le faire prochainement.
Fêter dix ans d’existence, c’est avant tout célébrer les femmes et les hommes qui ont bâti ce succès. Au GCS Blanchisserie Toulousaine de Santé, les équipes sont au cœur de chaque réussite : leur engagement, leur savoir-faire et leur esprit collectif ont permis de doubler l’activité, de moderniser les process et d’offrir un service de qualité irréprochable aux adhérents, comme le souligne Marc Drezen, son directeur technique.
Marc Drezen : À l’origine, la Blanchisserie Toulousaine de Santé était la blanchisserie interne du CHU de Toulouse. En 2015, elle est devenue un groupement de coopération sanitaire (GCS) afin d’élargir son action à deux autres établissements. Ce statut nous permettait aussi d’autofinancer nos investissements et de conduire nos projets en autonomie. Dix ans plus tard, le bilan est très positif : nous avons créé 98 emplois et doublé notre activité, l’activité extérieure dépassant désormais celle du CHU.
Pourriez-vous nous donner quelques chiffres ?
Nous traitons en moyenne 27,2 tonnes de linge par jour pour 22 adhérents dans le Gers et la Haute-Garonne. Environ 60 % de ce volume concerne des établissements MCO, et 40 % des structures médico-sociales. Parmi ces dernières, 1,5 tonne correspond au linge des résidents, pour lequel un processus spécifique a été instauré en 2023, avec un projet d’automatisation en cours. Notre capacité de lavage, renforcée en 2024, nous permet ponctuellement d’atteindre 32 à 33 tonnes par jour, offrant une marge pour accompagner l’évolution des besoins de nos adhérents.
Comment expliquer ce succès ?
Il repose, bien sûr, sur la qualité du service rendu. Malgré une croissance d’activité soutenue, nous avons réussi à maintenir notre certification ISO 9001 tout au long de ces dix dernières années, ce qui témoigne de la rigueur et de la stabilité de nos process. Nous avons aussi su proposer un coût de revient adapté aux capacités financières de nos adhérents : nos tarifs n’ont augmenté que de 4 % en dix ans, alors même que l’inflation nationale s’élevait à 22,5 %. Mais surtout – et c’est le point le plus important – ce succès repose sur la mobilisation de nos équipes. Leur engagement quotidien a été déterminant : c’est avant tout une réussite collective.
Pourriez-vous détailler ce point ?
Nous comptons aujourd’hui 124 agents en blanchisserie comprenant la production, la maintenance, la logistique et l’administratif, dont 16 agents détachés dans les établissements pour gérer les stocks, les inventaires et les distributeurs automatiques de vêtements. Cette organisation nous garantit une maîtrise complète de la fonction linge et contribue directement à la qualité de service que nous offrons. Nos ressources humaines constituent donc, très clairement, notre capital le plus précieux, et nos relations sont fondées sur la confiance et la concertation. Conscients de la valeur de nos équipes, nous avons d’ailleurs toujours veillé à préserver leurs conditions de travail.
Pourriez-vous nous donner quelques exemples ?
Nous avons été le premier GCS à financer une mutuelle pour tous les agents, et proposons des plannings adaptés pour concilier vie professionnelle et vie personnelle. Nous sommes particulièrement attentifs aux situations sociales complexes, comme les parents isolés, dont nous cherchons à faciliter l’organisation quotidienne. Ces efforts se traduisent par un taux d’absentéisme de seulement 4 %, ce qui est remarquablement bas dans notre secteur. Et la réputation positive de nos conditions de travail fait son effet : nous recevons très régulièrement des candidatures spontanées.
Vous accordez également une grande importance à la valorisation de l’engagement de vos agents…
Le GCS est organisé en douze processus, chacun piloté par un cadre formé et promu en interne, et affichant une ancienneté moyenne de quinze ans. Cette stabilité explique notre très faible turn-over et garantit une fiabilité essentielle. Nos encadrants connaissent parfaitement l’établissement et ses enjeux, ce qui est crucial pour la plus grande blanchisserie publique du Sud-Ouest. L’expertise et l’ancrage de nos équipes constituent donc un véritable atout stratégique. Pour les remercier, nous organiserons le 12 décembre 2025 une soirée anniversaire des 10 ans du GCS Blanchisserie Toulousaine de Santé afin de célébrer nos réussites. Ce sera aussi l’occasion de découvrir un reportage vidéo retraçant cette aventure collective.
Comment voyez-vous les dix prochaines années ?
Nous souhaitons poursuivre le développement de notre capacité d’autofinancement afin d’accompagner les évolutions du secteur. Nous comptons, notamment, renforcer notre engagement environnemental. Nous avons déjà été pionniers en utilisant la vapeur produite par l’incinérateur du Mirail pour laver et sécher le linge, sans recours aux énergies fossiles, et nous envisageons désormais d’investir dans des dispositifs de recyclage énergétique pour diminuer encore notre impact. Par ailleurs, face à une automatisation qui progresse, nous projetons d’acquérir des robots pour le tri du linge sale et l’engagement des éponges, afin de continuer à diminuer la pénibilité au travail pour nos agents. Ces projets nécessitent une capacité d’investissement solide, dont nous disposons et que nous souhaitons pérenniser. Le statut de GCS s’avère ainsi idéal pour conjuguer autonomie et agilité, et atteindre la performance économique.
Propos recueillis par Joëlle Hayek – article paru dans Hospitalia (déc. 2025)
Alors que la filière textile est au cœur des enjeux environnementaux, une initiative autrichienne vient de franchir une étape majeure. Un consortium d’acteurs — SALESIANER, Austrian Airlines, ÖBB, Wiener Linien, Austrian Post et CAT — s’est uni pour lancer un projet pilote ambitieux : recycler les vêtements professionnels usagés et les retransformer en ressources textiles. Une démarche pionnière accompagnée par le cabinet EY denkstatt en tant que conseiller indépendant en développement durable, qui illustre de manière concrète ce que peut être une économie circulaire réellement opérationnelle.
Crédit Manuela Horny
Un cycle complet : du vêtement usagé à la fibre régénérée
Au cœur de cette initiative baptisée « Pionniers du recyclage des uniformes », un principe simple mais encore rarement mis en pratique à grande échelle : considérer l’uniforme en fin de vie non comme un déchet, mais comme une matière première. Le projet repose sur un processus structuré :
Collecte des vêtements en fin d’usage ;
Triet préparation par TURNS, spécialiste du textile ;
Recyclage mécanique pour récupérer les fibres ;
Valorisation sous forme de nouveaux fils ou de matières techniques.
Dès la phase pilote, les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 50 tonnes de textiles évitées chaque année, soit environ 170 000 chemises qui ne finiront pas incinérées.
SALESIANER, acteur clé du linge professionnel en Europe centrale, joue ici un rôle structurant. L’entreprise démontre qu’un prestataire textile peut activement contribuer à une gestion durable du cycle de vie des vêtements.
Des partenaires convaincus
Les déclarations des partenaires soulignent toutes l’importance de cette démarche. Mathias Nell, responsable durabilité chez SALESIANER, résume l’esprit du projet : « Cette initiative commune démontre le potentiel de pratiques d’économie circulaire appliquées de manière cohérente. Le recyclage des vêtements de travail ne réduit pas seulement les déchets, il crée également une valeur écologique et sociale sur l’ensemble de la chaîne de valeur. »
Pour les entreprises impliquées, la démarche est aussi culturelle que technique. Ainsi, du côté de l’Austrian Post, la responsable textile Sabine Krispel insiste sur le rôle des équipes dans la réussite de cette circularité : « Nous avons mis en place des incitations pour encourager le retour systématique des uniformes usagés. Cela permet à chacun de contribuer activement à un modèle textile plus durable. » CAT, autre partenaire du projet, rappelle quant à lui que la circularité n’est plus un horizon lointain mais une réalité concrète : « Le recyclage des uniformes fonctionne déjà aujourd’hui. Le potentiel des vêtements usagés est réel. »
Ces propos illustrent une conviction partagée : seule une coopération intersectorielle permet de franchir un cap décisif vers la circularité.
Une reconnaissance publique : le prix “Sustainable Shapers 2025”
Le projet a reçu le prix « Sustainable Shapers / Nachhaltige Gestalter*innen » décerné par BUSINESSART en 2025. Une distinction qui souligne à la fois la pertinence écologique du modèle, la solidité de la coopération entre entreprises et la dimension pionnière du cycle textile mis en place.
Cette reconnaissance donne au projet une portée qui dépasse les frontières autrichiennes. Elle montre qu’une circularité textile crédible est possible dès aujourd’hui, même avec des volumes importants, dans des secteurs aussi exigeants que le transport aérien, ferroviaire ou postal.
Un signal fort pour la filière textile
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les réglementations européennes sur les déchets textiles se renforcent et où les attentes sociétales en matière de durabilité sont croissantes.
Pour le secteur de la blanchisserie industrielle, elle ouvre plusieurs perspectives :
Nouveaux partenariats entre opérateurs, marques et recycleurs ;
Optimisation du cycle de vie des uniformes ;
Valorisation matière permettant de réduire les coûts et l’impact carbone ;
Rôle accru des prestataires textiles dans la structuration d’écosystèmes circulaires.
Elle démontre aussi que les uniformes — traditionnellement difficiles à recycler — peuvent entrer dans un modèle textile circulaire réellement viable.
Un modèle inspirant pour l’Europe entière
Avec ce projet, SALESIANER et ses partenaires montrent la voie. Une voie dans laquelle le vêtement professionnel n’est plus une fin en soi, mais une ressource circulaire qui peut se régénérer.
La démarche prouve que l’économie circulaire n’est pas qu’un concept théorique : elle peut déjà transformer profondément la filière textile professionnelle. Et pour les acteurs de la blanchisserie, habitués à raisonner en cycles, en flux, en durabilité, ce projet représente un signal fort — peut-être même un avant-goût de l’avenir du textile en Europe.
Deren et Dibella unissent leurs forces et concluent un partenariat pour le marché français. Grâce à cette collaboration stratégique, les deux entreprises conjuguent leurs atouts : l’expertise de Dibella, forte de plusieurs décennies d’expérience dans la fabrication de textiles haut de gamme, durables et écoresponsables, et la connaissance approfondie du marché français et les relations de confiance entretenues par Deren auprès de sa clientèle à travers toute la France.
« La France est un marché clé pour nous, et notre collaboration avec Deren nous permet d’être plus proches de nos clients et de les servir avec le même dévouement et les mêmes valeurs qui caractérisent Dibella », déclare Carsten Ridder, PDG de Dibella. Pascal Deren, PDG de Deren, ajoute : « Ensemble, avec Dibella, nous pouvons impulser un changement positif dans le secteur et promouvoir des pratiques plus durables. »
Ensemble, Deren et Dibella proposeront aux clients français une gamme complète de textiles durables et éco-responsables, ainsi qu’un service d’excellence. Cette alliance représente une étape importante dans la stratégie de croissance internationale de Dibella et renforce l’engagement commun des deux entreprises à fournir aux professionnels des solutions textiles durables, synonymes de qualité, de fiabilité et de pratiques commerciales responsables. Deren et Dibella se réjouissent de cette collaboration fructueuse et de la perspective de façonner ensemble un avenir plus durable pour le marché français.
Le fabricant international de vêtements de travail Alsico a réussi à développer son premier vêtement entièrement circulaire. Cette innovation est la preuve qu’un système en boucle fermée dans lequel les vêtements usagés sont recyclés et transformés en nouveaux produits, est bel et bien réalisable. Grâce à cette avancée, la marque franchit une étape importante dans sa stratégie de développement durable à long terme.
Au début de cette année, l’Alsico Academy, le groupe d’experts de l’entreprise qui se concentre sur le développement des tissus les plus durables et les plus confortables, a relevé le défi de créer un système en boucle fermée complète. Après des recherches intensives, un travail de conception et une collaboration avec le recycleur de pointe Sixone, Alsico a réussi le pari de livrer un vêtement fini fabriqué à partir de matériaux recyclés.
Sixone transforme les textiles post-consommation en granulés de polyester de haute qualité, garantissant que le vêtement est fabriqué exclusivement à partir de ces sources recyclées et que la production ne dépend plus du polyester vierge issu de ressources fossiles. Le tissu ainsi développé a été testé et validé conformément aux exigences du marché et aux rigoureux critères de performance d’Alsico.
Vers une chaîne d’approvisionnement entièrement circulaire
Vincent Siau, responsable de l’Alsico Academy, explique : « Notre ambition est de mettre en place une chaîne d’approvisionnement circulaire entièrement intégrée, dans laquelle les vêtements Alsico sont collectés, recyclés et transformés en nouveaux produits Alsico. Cette méthode nous permet de continuer à protéger et à offrir du confort aux personnes qui portent nos vêtements dans une panoplie de secteurs, tout en gérant activement l’impact de nos solutions sur l’environnement. »
« La création de notre premier tissu et de notre premier vêtement fini fabriqués à partir de chips de polyester est un tour de force. Les granulés de polyester sont le fruit de notre collaboration avec Sixone. Cette réalisation est la preuve que la circularité peut vraiment devenir la nouvelle norme dans l’industrie textile. »
Vincent Siau, Responsable de l’Alsico Academy
L’ARX : la durabilité comme stratégie
Le développement du vêtement circulaire fait partie de l’initiative ARX d’Alsico. Cette initiative est axée sur les retouches, la réparation, l’entretien et le recyclage des vêtements. Dans le cadre de ce programme, l’entreprise a mis en place des objectifs ambitieux en matière de durabilité. Il s’agit par exemple de l’élimination progressive des matières premières fossiles vierges et la présence de 90 % de fibres durables dans sa gamme de produits d’ici 2040 (avec un objectif intermédiaire de 40 % d’ici 2030).
Réduction de l’impact environnemental de 60 %
En misant sur des partenariats stratégiques avec des spécialistes internationaux, comme Sixone, Alsico peut utiliser des technologies de pointe, à savoir l’analyse moléculaire, assistée par l’IA. Grâce à ces technologies, il est possible de recycler efficacement les mélanges complexes de polyester. Ce recyclage efficace constitue une avancée majeure, étant donné que les fibres mélangées ont traditionnellement tendance à réduire la qualité des tissus recyclés. Une analyse indépendante a démontré que, par rapport au polyester provenant des matières premières fossiles, le nouveau tissu d’Alsico et de Sixone permet de réduire de 60 % les émissions, de 64 % la consommation énergétique et de 40 % la consommation d’eau.
La circularité deviendra la norme
M. Siau conclut : « Notre vêtement fini est une preuve importante de nos progrès. Ce n’est que le début d’une transformation durable. Nous continuons à évaluer nos processus de recyclage et à faire preuve de transparence tout au long de notre chaîne d’approvisionnement. En 2025, notre objectif est de prouver que la circularité est non seulement réalisable, mais qu’elle est essentielle pour l’avenir de notre industrie. »