Étiquette : PFAS

  • PFAS au travail : mieux comprendre les expositions professionnelles pour protéger les travailleurs

    Découvertes à la fin des années 1940 et plus connues sous le nom de PFAS, parfois qualifiées de « polluants éternels », les substances per- et polyfluoroalkylées regroupent plusieurs milliers de composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. De nombreux salariés sont ainsi exposés à ces composés, tout au long de leur cycle de vie, de leur production à leur élimination.

    Même si les PFAS sont très médiatisés sur les volets environnemental et sanitaire, l’exposition professionnelle à ces substances est encore méconnue. C’est pourquoi l’Institut national de recherche et sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) vient de publier plusieurs articles présentant les résultats d’une enquête menée auprès d’établissements sur les PFAS, un état des connaissances sur leurs effets sur la santé et les perspectives de recherche en santé au travail.

    En milieu professionnel, les salariés sont principalement exposés aux PFAS par inhalation de poussières, de gaz ou de vapeurs et dans une moindre mesure par ingestion. Certaines de ces substances présentent des effets toxiques avérés : immunotoxicité, perturbation endocrinienne, troubles neurodégénératifs, hépatotoxicité, reprotoxicité et effets cancérogènes. On les retrouve dans différents produits industriels et de consommation, et c’est un sujet d’actualité dans les blanchisseries industrielles et chez les fabricants textiles. Leur persistance dans l’environnement et dans l’organisme humain en fait aussi un sujet de préoccupation croissante en santé publique et au travail. 


    « À ce jour, l’exposition professionnelle aux PFAS est encore très peu documentée, les données existantes concernent les métiers les plus exposés, comme les pompiers, les salariés de la chimie produisant ou utilisant ces substances, de la métallurgie et du textile ainsi que les techniciens de fartage des skis, ou encore les salariés du secteur du recyclage des déchets. »

    Myriam Ricaud, responsable du pôle risques chimiques à l’INRS.

    Une enquête qui révèle des difficultés de repérage des PFAS en entreprise

    Pour pallier ce manque de connaissances et renforcer la protection des travailleurs face à ces substances chimiques, une enquête nationale a été lancée en 2024 par l’INRS auprès d’établissements concernés par la fabrication et l’utilisation de PFAS ou le traitement de déchets en contenant. Elle visait principalement à identifier les secteurs d’activité utilisant les PFAS ; les substances, leurs utilisations et les procédés de fabrication concernés ; les produits de substitution ; le contexte d’exposition ; les démarches d’évaluation du risque, des expositions professionnelles et les mesures de prévention et de protection mises en œuvre. 

    Près de 900 entreprises ont répondu, dans des secteurs d’activité aussi variés que la fabrication de produits métalliques, l’industrie chimique, la fabrication de machines et équipements, la fabrication de produits en caoutchouc et plastique et la collecte et le traitement des déchets. « Même si les résultats ne sont pas extrapolables à l’ensemble des établissements ciblés, cette étude apporte des données utiles pour identifier où et comment des expositions professionnelles aux PFAS peuvent survenir », souligne Andrea Emili, responsable d’études à l’INRS. 

    Plus d’une entreprise sur deux se déclare « non concernée » par les PFAS

    L’enquête montre que 51 % des répondants se déclarent « non concernés » par les PFAS, 32 % se disent « concernés » et 17 % « ne savent pas ». Cette incertitude s’explique notamment par la difficulté à identifier les PFAS dans les produits utilisés (comme l’absence de mention spécifique « PFAS » dans les fiches de données de sécurité) et par une méconnaissance du sujet, qui s’avère complexe en raison du nombre élevé de substances. 

    Les résultats du questionnaire montrent que, s’il y a bien une démarche d’évaluation du risque chimique mise en œuvre chez les répondants, dans la majorité des cas (92 %), elle n’est pas spécifique aux PFAS. Parmi les établissements réalisant une évaluation spécifique aux PFAS, environ 83 % déclarent le faire depuis moins de cinq ans. Seules 3 % des entreprises de la filière déchets réalisent des analyses de PFAS et 13 % envisagent de le faire prochainement.

  • Tout savoir sur l’interdiction progressive des PFAS

    Tout savoir sur l’interdiction progressive des PFAS

    Face aux risques sanitaires et environnementaux associés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), la loi n° 2025-188 du 27 février 2025 instaure de nouvelles mesures de protection. Cette réglementation prévoit l’interdiction progressive de certains produits contenant des PFAS dès le 1ᵉʳ janvier 2026. Comment anticiper dès à présent ces évolutions pour adapter vos pratiques et vos gammes de produits ? On fait le point.

    Que sont les PFAS ?

    Les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS) forment une famille de plusieurs milliers de composés chimiques utilisés dans de nombreux produits pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes à la chaleur. On les retrouve notamment dans les textiles ou certains produits industriels.

    Ces substances sont qualifiées de « polluants éternels » car elles se dégradent très peu dans l’environnement. Elles peuvent s’accumuler dans les organismes vivants et sont aujourd’hui détectées dans l’air, l’eau et les sols.

    PFAS : quelle réglementation en France et en Europe ?

    Au niveau européen

    La réglementation européenne encadre déjà certaines substances de la famille des PFAS via le règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques). Plusieurs composés comme l’acide perfluorooctanoïque (PFOA), l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS) ou l’acide perfluorohexane sulfonique (PFHxS) sont restreints ou interdits dans certains usages.

    En janvier 2023, cinq pays européens, dont la France, ont proposé une restriction plus large de l’ensemble des PFAS. Cette proposition est en cours d’examen par l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA).

    En France

    Le plan d’action national sur les PFAS, publié en janvier 2024, prévoit des mesures de réduction, de surveillance et de substitution des PFAS dans les produits de consommation et les procédés industriels.

    La loi du 27 février 2025 vient concrétiser ces engagements, notamment par des interdictions progressives de mise sur le marché de produits contenant des PFAS.

    PFAS : quels produits seront interdits en 2026 et 2030 ?

    À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, seront interdits à la fabrication, à l’importation, à l’exportation et à la mise sur le marché des produits suivants contenant des PFAS :

    • cosmétiques,
    • farts (revêtement sous les skis),
    • vêtements, chaussures et leurs imperméabilisants (excepté les vêtements et chaussures de protection, comme ceux des militaires ou des pompiers).

    Cette interdiction sera étendue au 1ᵉʳ janvier 2030 à tous les textiles (d’ameublement, par exemple) contenant des PFAS (sauf exceptions, comme les textiles techniques à usage industriel, qui seront listés par décret).

    Ces interdictions ne concerneront pas les produits contenant seulement des traces de PFAS. Des seuils de concentration résiduelle seront définis par décret.

    Un contrôle et des sanctions administratives en cas de violations des nouvelles interdictions posées par la loi sont prévus.

    Si votre entreprise est concernée, une anticipation dès aujourd’hui est donc essentielle, afin d’adapter votre offre et votre conformité réglementaire.

    Comment bien vous préparer en tant qu’entreprise ?

    Voici les principales étapes pour anticiper les futures interdictions et adapter votre activité :

    • Identifier les substances concernées : réalisez un inventaire précis de la présence de PFAS dans vos produits, matières premières et procédés de fabrication.
    • Rechercher des alternatives : explorez des substituts plus respectueux de la santé et de l’environnement. Le plan national encourage le développement de solutions innovantes.
    • Surveiller vos rejets : mettez en place des dispositifs de contrôle des émissions de PFAS, en conformité avec la réglementation sur les installations classées (ICPE).
    • Former vos équipes : informez vos collaborateurs sur les obligations réglementaires et les bonnes pratiques pour une transition sans rupture.
    • Suivre les échéances : gardez à l’esprit les dates clés de 2026 et 2030 pour mettre en œuvre vos changements à temps.

    Source : ministère de l’Economie